Calculer votre classe d'emploi et salaire minimal
Saisissez votre note (1 à 10) pour chacun des 6 critères classants de la CCN Métallurgie (IDCC 3248). Le total détermine votre groupe (A à I) et le salaire minimum hiérarchique 2026 applicable.
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! Estimation indicative basée sur l'avenant du 20 février 2026 (effet rétroactif au 1er janvier 2026, +0,86 % vs. grille 2025). Ces valeurs constituent des minima : votre convention d'entreprise ou votre contrat peut prévoir un salaire supérieur. Pour toute contestation de votre positionnement, consultez votre représentant du personnel ou l'inspection du travail.
Ce qu’il faut retenir : la grille de classification métallurgie classe chaque emploi sur 18 niveaux (groupes A à I) selon 6 critères notés de 1 à 10 points. Un avenant signé le 20 février 2026 revalorise les salaires minimaux hiérarchiques d’une moyenne de +0,86 %, avec effet rétroactif au 1er janvier 2026. Les cadres au forfait jours bénéficient d’une majoration de +30 % sur ces minima. Les PME de moins de 150 salariés disposent d’un délai jusqu’en 2030 pour finaliser la cotation formalisée de leurs emplois.
La grille de classification métallurgie est devenue le référentiel central pour évaluer chaque emploi du secteur depuis l’entrée en vigueur de la convention collective nationale de la métallurgie (IDCC 3248) le 1er janvier 2024. Elle remplace 76 conventions territoriales par un texte unique, impose une cotation objective et unifie les minima salariaux de l’opérateur en groupe A jusqu’au cadre dirigeant en groupe I. Voici comment lire cette grille, quels salaires s’appliquent en 2026, et comment agir si votre positionnement vous semble inexact.
Comment fonctionne la classification des emplois en métallurgie ?
La convention collective abandonne les anciens coefficients et les catégories ouvrier/ETAM/cadre pour adopter une logique de cotation par critères. Chaque emploi est évalué sur 6 critères classants, chacun noté de 1 à 10 points. Le total (entre 6 et 60 points) détermine directement la classe d’emploi. Ce sont les caractéristiques du poste qui comptent, pas celles de la personne qui l’occupe.
Les 6 critères :
- Complexité de l’activité
- Connaissances requises
- Autonomie décisionnelle
- Contribution à la performance collective
- Encadrement et coopération
- Communication
La grille compte 18 classes réparties en 9 groupes (A à I). Les groupes A à E désignent les non-cadres, les groupes F à I les cadres. Deux seuils d’accueil sont intégrés à la convention : le niveau C6 pour les titulaires d’un Bac+2, le niveau F11 pour les Bac+5, garantissant un plancher à l’embauche pour les jeunes diplômés.
| Groupe | Classes | Statut | Fourchette de points |
|---|---|---|---|
| A | 1 et 2 | Non-cadres | 6 à 12 pts |
| B | 3 et 4 | Non-cadres | 13 à 18 pts |
| C | 5 et 6 | Non-cadres | 19 à 24 pts |
| D | 7 et 8 | Non-cadres | 25 à 30 pts |
| E | 9 et 10 | Non-cadres | 31 à 36 pts |
| F | 11 et 12 | Cadres | 37 à 42 pts |
| G | 13 et 14 | Cadres | 43 à 48 pts |
| H | 15 et 16 | Cadres | 49 à 54 pts |
| I | 17 et 18 | Cadres | 55 à 60 pts |
En pratique, le critère « autonomie » est souvent sous-évalué dans les PME industrielles, notamment pour les techniciens seniors qui prennent des décisions de terrain sans validation hiérarchique formelle. Si vos missions impliquent de gérer des aléas de production sans recours systématique au responsable, ce critère mérite une réévaluation.
Prenons un exemple concret : un technicien de maintenance en industrie peut cumuler 4 points en complexité, 5 en connaissances, 4 en autonomie, 3 en contribution, 2 en encadrement et 2 en communication. Total : 20 points → groupe C, classe 5. Un même poste évalué avec un point de plus en autonomie fait basculer vers la classe 6, soit un SMH supérieur de plus de 1 300 € annuels. L’écart entre deux cotations d’un même emploi peut donc être significatif.
Au fait : la cotation s’effectue au niveau de l’emploi, pas de l’individu. Deux salariés occupant le même poste reçoivent la même fiche d’emploi et la même cotation, quelle que soit leur ancienneté ou leur performance personnelle. C’est une rupture importante avec les anciens systèmes de coefficients individuels.
La grille des salaires minimaux hiérarchiques (SMH) en 2026
Un avenant à la convention collective nationale de la métallurgie a été signé le 20 février 2026 par l’UIMM et trois organisations syndicales représentatives (CFDT, FO et CFE-CGC). Il revalorise les salaires minimaux hiérarchiques (SMH) d’une moyenne de +0,86 %, avec effet rétroactif au 1er janvier 2026. L’augmentation est légèrement plus marquée sur les classes inférieures, afin de maintenir un écart suffisant avec le SMIC légal.
Voici la grille complète des SMH annuels bruts (base 35 heures/semaine), avec comparatif 2024 :
| Groupe | Classe | SMH annuel brut 2024 | SMH annuel brut 2026 | Évolution |
|---|---|---|---|---|
| A | 1 | 21 700 € | 21 980 € | +1,3 % |
| A | 2 | 21 850 € | 22 120 € | +1,2 % |
| B | 3 | 22 450 € | 22 720 € | +1,2 % |
| B | 4 | 23 400 € | 23 670 € | +1,2 % |
| C | 5 | 24 250 € | 24 530 € | +1,2 % |
| C | 6 | 25 550 € | 25 830 € | +1,1 % |
| D | 7 | 26 400 € | 26 680 € | +1,1 % |
| D | 8 | 28 450 € | 28 740 € | +1,0 % |
| E | 9 | 30 500 € | 30 800 € | +1,0 % |
| E | 10 | 33 700 € | 34 020 € | +0,9 % |
| F | 11 | 34 900 € | 35 214 € | +0,9 % |
| F | 12 | 36 700 € | 37 020 € | +0,9 % |
| G | 13 | 40 000 € | 40 330 € | +0,8 % |
| G | 14 | 43 900 € | 44 250 € | +0,8 % |
| H | 15 | 47 000 € | 47 360 € | +0,8 % |
| H | 16 | 52 000 € | 52 380 € | +0,7 % |
| I | 17 | 59 300 € | 59 710 € | +0,7 % |
| I | 18 | 68 000 € | 68 450 € | +0,7 % |
Ces montants s’appliquent à toutes les entreprises de la branche depuis le 1er janvier 2026. Les PME de moins de 150 salariés qui n’ont pas encore finalisé leur cotation formalisée disposent d’un délai jusqu’en 2030, mais ce délai porte uniquement sur la procédure de cotation, pas sur l’obligation de respecter les SMH en vigueur.
À noter : les SMH n’avaient pas été revalorisés en 2025. L’accord de branche pour 2025 avait été rejeté par les syndicats, qui le jugeaient insuffisant face à l’inflation. Les entreprises ont donc appliqué la grille 2024 tout au long de 2025 (sur l’année 2025). Le rattrapage de l’avenant 2026, +0,86 % en moyenne, reste modeste au regard de deux années sans augmentation conventionnelle, ce qui explique les critiques de certaines organisations syndicales qui réclamaient une revalorisation de l’ordre de +3 à 5 %.
SMIC 2026 et classes A : attention au dépassement de juin
Au 1er janvier 2026, le SMIC a été revalorisé de +1,18 %, atteignant environ 21 876 € annuels. Les SMH de classe A1 (21 980 €) et A2 (22 120 €) se situaient alors légèrement au-dessus de ce plancher légal.
Bref, la situation a évolué. Suite à la revalorisation automatique du SMIC au 1er juin 2026, le SMIC annuel est passé à environ 22 404 €. Les SMH des classes A1 et A2 se retrouvent désormais inférieurs à ce nouveau minimum légal. Les employeurs concernés ont l’obligation d’appliquer le SMIC en lieu et place du SMH conventionnel, quelle que soit la classe du salarié.
Concrètement : si vous rémunérez un salarié en classe A1 ou A2 depuis le 1er juin 2026, vous devez lui verser au moins 1 867 € brut par mois. La convention fixe un plancher, mais le Code du travail reste au-dessus.
Majorations pour les cadres : forfait heures et forfait jours
Pour les cadres des groupes F à I, deux modes de forfait créent des majorations spécifiques sur les SMH :
- Forfait heures (1 607 à 1 767 heures/an) : majoration de +15 % sur le SMH de la classe
- Forfait jours (jusqu’à 218 jours/an) : majoration de +30 % sur le SMH de la classe
D’ailleurs, le forfait jours est accessible non seulement aux cadres autonomes des groupes F à I, mais aussi, sous conditions, à certains salariés des groupes D et E dont le niveau d’autonomie le justifie. En pratique, cette extension reste rare et nécessite un accord individuel formalisé.
Exemples de planchers 2026 selon le mode de forfait :
| Classe | SMH base 35h (2026) | Forfait heures (+15 %) | Forfait jours (+30 %) |
|---|---|---|---|
| F11 (Bac+5 débutant) | 35 214 € | 40 496 € | 45 778 € |
| G13 | 40 330 € | 46 380 € | 52 429 € |
| H15 | 47 360 € | 54 464 € | 61 568 € |
| I18 (cadre dirigeant) | 68 450 € | 78 718 € | 88 985 € |
Ces montants sont des planchers conventionnels. Le salaire réel négocié peut être supérieur, mais jamais inférieur à ces seuils.
Prime d’ancienneté, débutants groupe F et délai PME
Plusieurs dispositifs spécifiques méritent attention, notamment si vous êtes RH dans une PME ou salarié en début de carrière :
Prime d’ancienneté : conservée uniquement pour les non-cadres (groupes A à E) ayant au moins 3 ans d’ancienneté dans l’entreprise. Sa valeur est calculée à partir d’un point dont le montant est fixé par des accords territoriaux. Pour les salariés embauchés à partir du 1er janvier 2024, aucune prime d’ancienneté obligatoire n’est prévue, les droits acquis antérieurement sont cependant préservés.
Débutants en groupe F : les jeunes cadres Bac+5 en groupe F avec moins de 6 ans d’expérience bénéficient de SMH intermédiaires progressifs. Ce mécanisme facilite l’intégration sans que le coût immédiat soit celui d’un cadre confirmé.
Assiette de comparaison : tous les éléments de rémunération entrent dans l’assiette avec les SMH, à l’exception de la prime d’ancienneté, des primes exceptionnelles, et de quelques autres éléments listés par la convention. Si votre employeur intègre une prime variable dans l’assiette pour atteindre le SMH, vérifiez qu’elle n’en est pas exclue.
Prévoyance et retraite des cadres : le statut cadre (groupes F à I) déclenche l’affiliation à l’AGIRC-ARRCO avec les taux cadres, ainsi qu’une garantie décès obligatoire à la charge de l’employeur (1,50 % du salaire plafonné au PMSS, soit 4 005 € en 2026 sur l’année 2026). Ces charges expliquent en partie pourquoi certains employeurs hésitent à coter des postes dans la zone frontière groupes E/F.
Pas de convention territoriale de substitution. Avant la CCN 2024, les entreprises pouvaient appliquer une convention territoriale plus favorable. Depuis le 1er janvier 2024, la CCN nationale est seule applicable, les accords d’entreprise restent possibles, mais uniquement pour améliorer les minima, jamais pour les réduire.
Que faire si vous contestez votre classification ?
Avant la mise en place de la nouvelle grille, votre employeur était tenu de vous communiquer votre fiche d’emploi avec sa cotation sur les 6 critères. Si ce document ne vous a jamais été remis, ou si la cotation vous semble incorrecte, voici la marche à suivre :
- Demandez votre fiche d’emploi par écrit : elle doit détailler la cotation critère par critère et le total de points qui justifie votre classe.
- Vérifiez le total de points : chaque critère étant noté de 1 à 10, reportez-vous au tableau ci-dessus pour vérifier que votre classe correspond bien à votre score total.
- Demandez des explications écrites : si la cotation vous semble erronée, formulez votre demande par email. L’employeur est tenu d’y répondre.
- Saisissez les représentants du personnel : le CSE peut être saisi ; les délégués syndicaux de votre branche connaissent bien les critères de cotation spécifiques au secteur.
- Recours prud’homal : en cas de désaccord persistant, la saisine du conseil de prud’hommes permet de contester un classement contraire à la convention. La prescription pour un rappel de salaires est de 3 ans.
La métallurgie française face aux minima européens
Le SMH de classe A1 en France s’établit à 21 980 € bruts annuels en 2026 (sur 2026, première année de l’avenant). Pour contextualiser, les écarts entre pays sont importants : le SMIC au Luxembourg est nettement plus élevé, à l’image d’un coût de la vie parmi les plus hauts de l’Union européenne. À l’inverse, le SMIC au Portugal reste sensiblement inférieur, reflet des disparités économiques encore présentes au sein de l’UE.
Sur le terrain, ces écarts de minima constituent un facteur compétitif réel pour les groupes industriels qui arbitrent leurs implantations en Europe. La métallurgie française se situe dans une position intermédiaire, avec une convention plutôt protectrice pour les cadres, mais des minima d’entrée (groupes A-B) qui restent proches du SMIC légal.
FAQ, grille de classification et salaires métallurgie
La grille de classification métallurgie s’applique-t-elle à toutes les entreprises du secteur ?
Oui. La convention collective nationale de la métallurgie (IDCC 3248) est obligatoire pour l’ensemble des entreprises de la branche sur le territoire français, quel que soit leur effectif. Les PME de moins de 150 salariés ont jusqu’en 2030 pour finaliser la cotation formalisée, mais les SMH sont applicables immédiatement.
Quelle différence entre SMH et salaire réel ?
Le SMH (salaire minimum hiérarchique) est le plancher légal fixé par la convention pour chaque classe d’emploi. Le salaire réel versé par l’employeur doit toujours être supérieur ou égal au SMH, et au SMIC si ce dernier lui est supérieur. Aucun accord d’entreprise ne peut descendre en dessous de ce double plancher.
Mon salaire peut-il progresser sans changer de métier ?
Absolument. La grille crée un chemin de progression critère par critère. Un opérateur en groupe A qui développe son autonomie et ses connaissances peut progresser vers le groupe C ou D sans changer de poste. Franchement, c’est l’un des apports concrets de la nouvelle convention : rendre le parcours professionnel lisible et objectivable.
Le forfait jours supprime-t-il les 35 heures ?
Non. Le forfait jours (218 jours/an maximum) déroge au décompte horaire, mais le salarié reste protégé par les repos quotidien (11 heures) et hebdomadaire (35 heures consécutives) obligatoires. En contrepartie de cette flexibilité, le SMH est majoré de +30 %. Ce dispositif est réservé aux cadres autonomes des groupes F à I.
À partir de quel niveau devient-on « cadre » dans la nouvelle convention ?
Le statut cadre commence au groupe F, classe 11, soit un score de 37 points minimum sur les 6 critères classants. Ce statut a des conséquences directes : retraite complémentaire cadre (AGIRC), prévoyance, et accès au forfait jours. Le niveau F11 est aussi le seuil d’accueil pour les Bac+5 à l’embauche.
La prime d’ancienneté existe-t-elle encore en 2026 ?
Elle existe mais de façon restreinte : uniquement pour les non-cadres (groupes A à E) ayant au moins 3 ans d’ancienneté, et uniquement pour les contrats antérieurs au 1er janvier 2024. Les salariés embauchés depuis le 1er janvier 2024 ne bénéficient pas de prime d’ancienneté obligatoire au titre de la convention nationale.
Que faire si mon employeur ne respecte pas les SMH 2026 ?
L’employeur en infraction s’expose à un rappel de salaires sur 3 ans, exigible devant le conseil de prud’hommes. Les représentants du personnel et l’inspection du travail peuvent également être alertés. La grille de classification métallurgie ayant été étendue par arrêté ministériel, son application est obligatoire même pour les entreprises non adhérentes à l’UIMM.
Un salarié classé en groupe D ou E peut-il accéder au forfait jours ?
Oui, sous conditions. La convention prévoit que certains salariés des groupes D et E dont le poste requiert une réelle autonomie d’organisation peuvent, par accord individuel, bénéficier d’un forfait jours. En pratique, cela concerne des profils comme les commerciaux terrain ou certains techniciens itinérants. L’accord doit être formalisé par écrit et préciser le nombre maximal de jours (plafonné à 218 jours/an). En contrepartie, le SMH est majoré de +30 %, identiquement aux cadres.
La nouvelle classification s’applique-t-elle aux contrats en cours ou seulement aux nouveaux embauchés ?
Elle s’applique à tous les salariés, y compris ceux en poste avant le 1er janvier 2024. Les entreprises avaient l’obligation de procéder à la cotation de tous les emplois et de remettre à chaque salarié sa fiche d’emploi avant la date d’entrée en vigueur. Si votre fiche d’emploi ne vous a toujours pas été remise à ce jour (sur 2026, deux ans après l’entrée en vigueur), c’est une irrégularité que vous pouvez signaler à votre CSE. Maîtriser la grille de classification métallurgie est donc le premier réflexe pour vérifier que votre rémunération respecte bien les minima conventionnels qui vous sont applicables.


